Article à propos des relocalisations d'entreprises

Implantée en Roumanie, une entreprise de volets se relocalise en Charente-Maritime

Implantée en Roumanie, une entreprise de volets se relocalise en Charente-Maritime

Après une quinzaine d'années en Roumanie, Bâti-Rénov, entreprise française spécialisée dans les volets, a ouvert vendredi une nouvelle usine à Varaize, en Charente-Maritime. Son PDG cherche à promouvoir le «Made in France» et revitaliser le territoire.
Alors que la tendance est plus souvent à la délocalisation qu'à la relocalisation, c'est une initiative qui peut surprendre. Jusqu'ici implantée en Roumanie, l'entreprise Bâti-Rénov a inauguré vendredi son tout nouveau site de production à Varaize, petit village situé en Charente-Maritime, à mi-chemin entre Rochefort et Angoulême. Après une période d'exil hors de nos frontières, son PDG, Christophe Lacombe, a pris la décision de faire revenir sa PME, spécialisée dans les volets et portails, en France.


Depuis 2003, la production des panneaux de volets s'effectuait en effet en Roumanie tandis que les étapes d'assemblage avaient lieu en France, à Saint-Jean-d'Angély. C'est l'attachement personnel de Christophe Lacombe pour sa région natale qui a motivé la réimplantation de l'unité de production dans la commune. «J'y suis né, j'aime mon territoire et j'avais envie de le défendre. Si ce ne sont pas nous, les acteurs économiques, qui allons le défendre, qui va le faire?», explique celui qui dirige l'entreprise qu'il a fondée en 1999.

Le «made in France», gage de «savoir-faire et de qualité»

La décision de ce retour aux sources est d'autant plus surprenante qu'elle ne semblait pas, à première vue, dans l'intérêt financier dans l'entreprise, notamment en raison des écarts de salaires importants entre la France et la Roumanie. «Le train économique est en effet très différent mais grâce à une nouvelle ligne de production, plus ingénieuse et plus automatisée, on reste très compétitif», affirme Christophe Lacombe.
En déménageant, Bâti-Rénov a changé de pays mais aussi de technique de production. Grâce au développement de nouvelles technologiques, les chutes des panneaux ont été considérablement réduites, passant d'environ 25% à 5%. Une optimisation de la production qui permet de compenser les coûts supérieurs en main d'œuvre. «La relocalisation est aussi possible car on est dans une logique de PME, on ne regarde pas que les résultats. C'est bien d'être le leader sur son marché mais c'est aussi important de défendre des valeurs citoyennes», déclare-t-il.


En tête de ces valeurs, le «made in France», «une preuve de qualité, de savoir-faire et d'élégance». Dans cette perspective, Bâti-Rénov a créé une marque dont le nom met en avant ce lien particulier au territoire, «Vue d'ici». Une gamme complète de produits de la fermeture du bâtiment, du volet au portail en passant par le portail de garage et la clôture, est proposée «pour défendre la relocalisation et le travail en France». Une diversification qui se veut également un moyen d'assurer une meilleure compétitivité de la PME, qui ne proposait auparavant que des volets.

80 emplois prévus sur le site d'ici deux ans

Par ailleurs, le retour de l'entreprise est une excellente nouvelle pour la région et l'économie locale. «On parle d'une petite centaine de salariés pour un village qui compte moins de 600 habitants», précise Christophe Lacombe. Des ouvriers d'usine aux commerciaux en passant par les services administratifs, l'entreprise compte une cinquantaine d'employés et espère créer une trentaine de nouveaux emplois d'ici deux ans. Varaize étant située en zone de revitalisation rurale (ZRR), le projet de Bâti-Rénov a bénéficié du soutien de l'État par l'aide à la réindustrialisation ainsi que de la région Nouvelle-Aquitaine, au travers du Fonds européenne pour le développement économique régional (FEDER).


En zone rurale, il est parfois plus difficile de trouver des collaborateurs disposant des compétences requises, selon le chef d'entreprise. Face à cela, les employés en formation ou en alternance apporte une solution bénéfique, à la fois pour la région et pour l'entreprise. «Notre idée est d'aller chercher des gens qui veulent rester sur le territoire et le défendre. On leur offre une opportunité et ensuite ils vont défendre à leur tour le projet de l'entreprise et le ‘made in France'», poursuit-il.

Une ancienne friche industrielle de la commune réhabilitée

Outre la revitalisation économique, la réimplantation de la PME a également favorisé la réhabilitation d'une ancienne friche industrielle de 9600m². Le nouveau site de production est en effet installé dans le bâtiment anciennement occupé par une entreprise qui a fermé ses portes il y a quelques années. «Jusqu'ici, l'ensemble était en train de décrépir comme c'est souvent le cas en zone industrielle rurale», indique Christophe Lacombe. Une unité de bureaux a également été construite en complément pour l'occasion.
Maintenant que l'usine a été inaugurée après des mois de préparation, le patron de Bâti-Rénov n'entend pas à en rester là. Outre les alentours de Varaize, il compte développer son entreprise au-delà de la Charente, d'abord dans une vingtaine de départements à proximité puis sur l'ensemble du territoire national. Le «made in France» part à la conquête de l'Hexagone.

Délocalisations: la France est de moins en moins impactée

Extrait du JT de F2 du 22 novembre 2017

Les délocalisations d'entreprises françaises sont-elles de plus en plus nombreuses ? "Non", assure Jean-Paul Chapel sur le plateau de France 2. "Au contraire, cela diminue, le nombre d'emplois délocalisés était de 13 500 par an dans les années 1990, et de deux fois moins dans les années 2 000. La tendance à la baisse se confirme, autour de 1 300 emplois par an", explique en détail le journaliste.

Le paradoxe d'Anderson de nouveau vérifié

 

Article RTL

Emploi : une étude pointe le déclassement des jeunes diplômés

Si le nombre de diplômés de l'enseignement supérieur augmente depuis ces vingt dernières années, une étude du Céreq démontre que les jeunes diplômés d'aujourd'hui gagnent 200 euros de moins qu'en 1997.

   Christian Menanteau
Une étude du Céreq (Centre d'étude et de recherche des qualifications), s'intéresse à nos diplômes. Elle démontre qu'à une époque les qualifications payaient, mais qu'aujourd'hui, c'est beaucoup moins certain.

Le chiffre de lycéens se dirigeant vers des études supérieures a quasiment doublé en vingt ans. Aujourd'hui, 44% d'une classe d'âge va à la fac ou dans une grande école. Ce qui est une bonne nouvelle puisque l'élévation du niveau de formation est un critère majeur de la compétitivité d'un pays. 
Le problème de cette évolution, c'est qu'elle s'est accompagnée d'un recul des salaires des plus diplômés durant la même période. Bien que difficile à concevoir, c'est pourtant un fait irréfutable, 5 ans après la fin de leurs études, les diplômés des grandes écoles et des master 2 d'aujourd'hui gagnent 200 euros de moins que leurs collègues des promotions de 1997. 
À lire aussi

Trop peu d'emplois qualifiés disponibles

Cette régression n'est certainement pas due à une baisse de la qualité des diplômes, ni à la conjoncture économique qui n'a pas été, tout au long de ces décennies, très favorable aux coups de pouces salariaux. Elle est surtout le fait du décalage entre les personnes diplômées de l’enseignement supérieur et le volume d'emplois qualifiés disponibles en France.

Lorsqu'il y a pléthore de CV robustes et peu de postes à pourvoir, le point d'équilibre est malheureusement le salaire et aujourd'hui, il est positionné vers le bas. C'est un signal doublement négatif. Les doctorants et les masters 1 et 2 font face à un déclassement quasi-permanent. Ils occupent des postes à faible qualification par rapport à leur formation.

Il y a une deuxième alerte : cette situation reflète la structure de l'appareil économique tricolore. Il est organisé autour d'une moyenne gamme en produits et services et a dès lors, du mal à employer des personnes hautement qualifiées en grand nombre. C'est un signe de faiblesse, nous n'évoluons pas vers l'excellence

Le sésame pour accéder au marché du travail

Mais encourager ses enfants à faire longues études n'est pas un leurre pour autant. Une économie complexe repose sur des salariés de mieux en mieux formés, de plus en plus qualifiés.

L'étude du Céreq en apporte néanmoins la preuve : il y a certainement en France un problème d'adéquation entre les attentes du marché du travail, les formations dispensées, les choix de filières par les étudiants, et la compétitivité de notre économie.

Manifestement, nous ne payons pas au juste prix les diplômés actuels. Mais il y a tout de même une consolation dans ce bilan. C'est que le diplôme à tous niveaux, favorise toujours, même si ce n'est pas dans les meilleures conditions financières, l'insertion sur le marché du travail.

L'efficacité du Crédit d'impôts recherche: un moyen d'augmenter la compétitivité?

Le crédit d'impôt recherche, vraiment efficace ?

 | 

Dans une étude récente, France Stratégie estime que la montée en puissance du crédit d'impôt recherche a conduit les entreprises françaises à augmenter leurs dépenses en R&D depuis 2008. Mais les retombées en termes d'innovation et de compétitivité sont en demi-teinte, alors que le coût de la mesure a presque triplé entre 2007 et 2015 (...)
 
Les conclusions se veulent positives : le crédit d'impôt aurait incité les entreprises à augmenter leurs dépenses de R&D, et aurait même contré les effets négatifs de la crise de 2008. Mais les effets sur l'innovation apparaissent en demi-teinte, avec seulement 5% de probabilité supplémentaire de déposer un brevet pour entreprises bénéficiaires (...)


Ces résultats tendent certes à défendre l'efficacité "primaire" du CIR. France Stratégie relève que la part de la dépense privée en R&D dans le PIB est passée de 1,27% à 1,43% entre 2007 et 2015, soit une hausse équivalente à celle du CIR sur la période (+0,16 point). En d'autres termes, passer par un crédit d'impôt permettrait de stimuler la dépense privée autant que d'investir directement de l'argent public.
Mais cette augmentation pourrait se révéler en partie artificielle. Les critiques régulièrement formulées depuis 2008 pointent le risque important de fraudes, notamment de la part des grandes entreprises. Celles-ci auraient ainsi eu tendance à surévaluer leurs dépenses de R&D pour profiter de l'avantage fiscal, sans augmenter réellement leurs investissements, comme le dénonçait la Cour des comptes dans un rapport de 2013 (...)


La compétitivité des entreprises

Les FTN cherchent à la fois une compétitivité prix et une compétitivité qualité. Elles vont choisir où implanter leurs filiales en fonction des objectifs recherchés.